L'air de la Vendetta
Lors de la scéance des questions de l'Assemblée au gouvernement, l'affaire Clearstream a couru entre les bancs de l'hémicycle.
Prenant la parole, François Hollande a demandé vertement au Premier Ministre quand il allait « tirer les conséquences de cette situation », sous-entendu « quand allez-vous démissionner ? » En lui répondant, Dominique de Villepin s'est emporté, lui rétorquant l’air courroucé : « Décidément vous n'avez pas beaucoup d'expérience ! Vous n'avez jamais exercé de responsabilité dans l'Etat à quelque niveau que ce soit. Cela se voit et cela s'entend ! ».
Alors que l'opposition huait le Premier ministre et que certains députés PS scandaient « Démission ! Démission ! », Dominique de Villepin a déclamé : « J'accepte les critiques, mais il y a une chose que je n'accepterai jamais ni aujourd'hui, ni demain, ni pour moi, ni pour personne, c'est que la calomnie, la dissimulation l'emportent sur la vérité ».
Raillant le Premier secrétaire du Parti Socilaiste, le chef du gouvernement a lancé. « La logique des boucs émissaires ne vous grandit pas, monsieur Hollande…Votre famille politique a eu son lot d'affaires, n'en avez-vous tiré aucune leçon ? ». Il lui en a rajouté une couche déclarant qu'il « perdait son sang froid » et qu'il « hurlait avec les loups ».
Ecoutez la joute Hollande/Villepin mixée avec un extrait de l’air de la vengeance de Bartolo de l'opéra « Les Noces de Figaro » de Mozart.
L’homme blessé par l'affaire Clearstream s’est sans doute pris pour le personnage Mozartien réclamant sa « Vendetta ». La belle voix de basse de Bartolo a une qualité et une profondeur qui sonne plus juste que celle de notre premier ministre. Son air de la vengeance est resté dans l’histoire et a marqué un microsillon indélébile dans notre mémoire sonore.
Quand sera-t-il de la réplique de Dominique de Villepin ? Elle fera la une des journaux demain. Après, rideau. La politique n’a pas de mesure et ne connaît décidément pas la musique.


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