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05/03/2006

Durassienne Park

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(photo SIPA)

Marguerite Duras est décédée il y a 10 ans, mais elle nous parle encore... Conversation avec Marianne Alphand en 1984 pour France Culture sur le thème Cuisine et littérature. Une recette pas très originale et à l’écouter pas très digeste car pas gaie. Certains(nes) aimeront.  Le produit d’origine  étant estampillé « Durassienne Park ».

« Faire la cuisine pour soi seule emmène à l’installation du désespoir…On écrit pas pour soi seule… J’écris pour vous. Si l‘autre n’est pas là, on n’écrit pas. Sur une île déserte on n’écrit pas. Il y a ça aussi, cette hypocrisie en postulat, de croire que c’est pour soi qu’on écrit…. ».

Download marguerite_duras.mp3

Etrange comme Marguerite Donnadieu alias Marguerite Duras répondait à toutes les questions qu’on lui posait. Incontournable, il fallait qu’elle donne son sentiment sur tout. Sur tout et n’importe quoi.

Pour ma part, je trouve que Maguerite Duras aurait pu s’épargner de donner son point de vue d’intellectuelle engagée sur un fait divers sordide avec crime d’enfant. Ecrire « Sublime, forcément sublime…» qui stigmatisait et magnifiait à la fois un supposé infanticide perpétré par la mère du petit Grégory. Bon sang, mais de quoi je me mêle ! Cette affaire était déjà suffisamment tragique pour qu’un auteur de renom juge avant les juges.

Se pose la question des rapports entre les médias et les intellectuels qui leur ouvrent leurs pages ou leur donnent du temps d’antenne pour qu’ils s’expriment sur l’actualité. Cela fait penser aux polémiques suite aux propos d’Alain Finkielkraut qui déclara dans le Figaro du 15 novembre 2005, à propos des émeutes dans les banlieues, que les « casseurs » étaient issus d'une culture anti-française et anti-républicaine, qu'il relevait dans certains textes de rap.

Sans ne plus les consulter, il faut savoir que tout ce que dit ou écrit un intello dans les médias n’est pas pain béni. Il peut se tromper et ça fait tâche.

Pour en revenir à Marguerite Duras, c’était un bon écrivain, personne ne peut lui enlevé son style « Durassien » qu’elle a su imposer » tout au long de son œuvre et personne ne pourra lui retirer le prix Goncourt qui lui a été attribué en 1984 pour son roman l’Amant. Talentueuse, volontaire. Pas à pas elle a monté les échelons de la notoriété nationale et internationale avec ses bouquins.

Si son œuvre littéraire est indéniable, par contre en ce qui me concerne je suis plus réservé sur son intervention dans l’univers du cinéma. Sans aucun doute comme dialoguiste elle tenait la route et « Hiroshima mon Amour » ou « Une si longue absence » l’ont bien prouvé. Derrière la caméra mis à part quelques beaux moment dans « India Song », le reste des films qu’elle réalisa et que j’ai vu (« Baxter, Vera Baxter », « Des Journées entières dans les arbres » ou « Le Camion »), m’ont profondément ennuyé. Il ne sa passait rien, il n’y avait pas vraiment d’histoire (elles m’ont sans doute échappées). Tout était lent, avec des plans séquences sans fin, dans le silence le plus total ou avec des dialogues continus. C’était terrible à supporter. Imaginez que je me suis gauffré ses trois films dans un festival il y a une vingtaine d’années, les un après les autres, en trois jours. Je m’en souviens encore. C’était hard et la première et seule fois de ma vie que je me suis tapé des migraines au cinéma.

Conclusion : Pour moi, la mère Duras aurait pu se cantonner à ce qu’elle savait faire de mieux la littérature.

10 ans après sa mort, marketing oblige, Marguerite Duras fait encore coulait beaucoup d’encre. Une demi-douzaine d'ouvrages sont annoncés, à l'occasion de cet anniversaire. Parmi le florilège de bouquins qui lui sont consacrés, un seul me branche. Le bureau de poste de la rue Dupin et autres entretiens. Cinq entretiens de Duras avec François Mitterrand parus chez Gallimard.

Savoir ce que Marguerite et Tonton se racontaient me semble intéressant à découvrir.

Allez avant de se quitter, des petites lignes de Duras pour la route...

Un jour, j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j'aime moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »

Je vous ai dit, elle assurait Marguerite, surtout quand elle se dépeignait. C’était sans concession. De la bonne cam quoi ! Normal le début de L’amant ça vaut un prix Goncourt.

En savoir Plus sur Marguerite Duras : http://duras.ifrance.com/

 

 

 

 

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