(photo SIPA)
« Faire
la cuisine pour soi seule emmène à l’installation du désespoir…On écrit pas
pour soi seule… J’écris pour vous. Si l‘autre n’est pas là, on n’écrit pas. Sur
une île déserte on n’écrit pas. Il y a ça aussi, cette hypocrisie en postulat, de
croire que c’est pour soi qu’on écrit…. ».
Etrange
comme Marguerite Donnadieu alias Marguerite Duras répondait à toutes les
questions qu’on lui posait. Incontournable, il fallait qu’elle donne son
sentiment sur tout. Sur tout et n’importe quoi.
Pour ma part, je trouve que Maguerite
Duras aurait pu s’épargner de donner son point de vue d’intellectuelle engagée
sur un fait divers sordide avec crime d’enfant. Ecrire « Sublime, forcément sublime…» qui stigmatisait et magnifiait à la
fois un supposé infanticide perpétré par la mère du petit Grégory. Bon sang, mais
de quoi je me mêle ! Cette affaire était déjà suffisamment tragique pour
qu’un auteur de renom juge avant les juges.
Se pose la
question des rapports entre les médias et les intellectuels qui leur ouvrent
leurs pages ou leur donnent du temps d’antenne pour qu’ils s’expriment sur
l’actualité. Cela fait penser aux polémiques suite aux propos d’Alain
Finkielkraut qui déclara dans le Figaro
du 15 novembre 2005,
à propos des émeutes dans les
banlieues, que les « casseurs » étaient issus d'une
culture anti-française et anti-républicaine, qu'il relevait dans certains
textes de rap.
Sans ne
plus les consulter, il faut savoir que tout ce que dit ou écrit un intello dans
les médias n’est pas pain béni. Il peut se tromper et ça fait tâche.
Pour en
revenir à Marguerite Duras, c’était un bon écrivain,
personne ne peut lui enlevé son style « Durassien » qu’elle a su
imposer » tout au long de son œuvre et personne ne pourra lui retirer le prix Goncourt qui lui a été
attribué en 1984 pour son roman l’Amant. Talentueuse, volontaire. Pas à pas elle
a monté les échelons de la notoriété nationale et internationale avec ses
bouquins.
Si son
œuvre littéraire est indéniable, par contre en ce qui me concerne je suis plus
réservé sur son intervention dans l’univers du cinéma. Sans aucun doute comme
dialoguiste elle tenait la route et « Hiroshima
mon Amour » ou « Une si
longue absence » l’ont bien prouvé. Derrière la caméra mis à part quelques
beaux moment dans « India Song », le reste des films qu’elle réalisa
et que j’ai vu (« Baxter, Vera Baxter », « Des Journées entières dans les arbres » ou « Le Camion »), m’ont
profondément ennuyé. Il ne sa passait rien, il n’y avait pas vraiment d’histoire
(elles m’ont sans doute échappées). Tout était lent, avec des plans séquences
sans fin, dans le silence le plus total ou avec des dialogues continus. C’était
terrible à supporter. Imaginez que je me suis gauffré ses trois films dans un
festival il y a une vingtaine d’années, les un après les autres, en trois jours.
Je m’en souviens encore. C’était hard et la première et seule fois de ma vie
que je me suis tapé des migraines au cinéma.
Conclusion : Pour moi, la mère Duras aurait pu se cantonner à ce qu’elle
savait faire de mieux la littérature.
10 ans
après sa mort, marketing oblige, Marguerite Duras fait encore coulait beaucoup d’encre. Une demi-douzaine d'ouvrages sont annoncés, à l'occasion de
cet anniversaire. Parmi le florilège de bouquins qui lui sont consacrés, un
seul me branche. Le bureau de poste de la
rue Dupin et autres entretiens. Cinq entretiens de Duras avec
François Mitterrand parus chez Gallimard.
Savoir ce
que Marguerite et Tonton se racontaient me semble intéressant à découvrir.
Allez avant de se quitter, des petites
lignes de Duras pour la route...
Un jour, j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un
homme est venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : « Je
vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque
vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle
maintenant que lorsque vous étiez jeune, j'aime moins votre visage de jeune
femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »
Je vous ai dit, elle assurait
Marguerite, surtout quand elle se dépeignait. C’était sans concession. De la
bonne cam quoi ! Normal le début de L’amant ça vaut un prix
Goncourt.
En
savoir Plus sur Marguerite Duras : http://duras.ifrance.com/


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