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07/03/2006

TF1 mise sur le noir

Harry_roselmack_3 La chaîne qui déclarait il y a encore quelques mois " vendre des cerveaux à Coca Cola " et qui nous bêtifie à longueur d’antenne, a su transformer son image et s’est refaite la façade (normal pour la chaîne du roi du BTP) grâce à la nomination d’Harry Roselmack, le beau black qui va jouer au remplaçant de PPDA. Cool pour Mr Le Lay, depuis l’annonce de l’info, TF1 n’a jamais autant fait parler d’elle (en bien) et cela gratuitement dans la presse écrite et radio. Au prix où coûte une campagne de communication. C’est des millions d’euros que la chaîne n°1 françaises en faisant les meilleurs scores audimat avec des programmes qui rasent les pâquerettes. Plus c’est con, plus c’est bon pour les parts de marché, plus ça ramène des ronds. Harry Roselmack, ex de Canal +, qui nous arrive des Antilles est un super joker pour TF1. D’une part cette nomination tombe à pique pour Nicolas Sarkozy qui vient de débarquer aux Antilles après l’annulation de son voyage dans les DOM il y a quelques semaines. Il semblerait que le ministre de l’intérieur était au courant de l’arrivée d’Harry Roselmack sur la première chaîne depuis une dizaine de jours. L’a-t-il souhaitée ? Impossible de le dire, mis ça l'aide à faire ami ami aux Antilles. Quoiqu’il en soit le bel Harry est le grand ébène qui cache la forêt. Un noir qui fait tapisserie pour couvrir ce que la chaîne veut cacher. Que cache TF1 en dehors de ses programmes débiles, du journal de 13h00 de Jean-Pierre Pernaud qui parle de tout sauf de l’essentiel, à savoir l’information, la vraie ? En dehors de ces foutaises pas trop gênantes, TF1 ou plutôt Bouygues commençait à se faire critiquer sévère dans la presse depuis la sortie du livre enquête de David Garcia "Le pays où Bouygues est roi" (éditions Danger Public).qui révèle comment le groupe de BTP instrumentalise sa média télévisé pour servir son propre business avec…le Turkmenistan. Le livre met en évidence les rapports étroits entre les dirigeants du groupe avec Saparmourad Niazov, président-dictateur du pays. Afin d’empocher des marchés juteux dans ce pays, Bouygues a demandé à TF1 de faire en 1996 une interview exclusive de Saparmourad Niazov animée à l’époque par Jean-Claude Narcy. Qui a vu cette émission baptisée pompeusement "Edition spéciale" ? Personne elle n’est jamais passée à l’antenne. Le président-dictateur du Turkmenistan s’est fait berner. Tant mieux. Il arrive parfois que les ruses de Bouygues/TF1 soient bien menées. Pour ses bénéfices bien sûr… Le Nouvel Observateur a retrouvé la vraie fausse interview cachée. Voici le lien. Régalez vous : http://permanent.nouvelobs.com/medias/20060301.OBS8882.html

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Voici les sites qui parlent de TF1 mise sur le noir:

Commentaires

Bonjour Jean-Claude, c'est un plaisir de te lire. J'étais tombée sur cette info que tu rappelles ici avec beaucoup de justesse. Oui, c'est édifiant. Mais pas surprenant de la part d'un poids lourd du Bâtiment (et Paf, hélas) qui pipe les appels d'offres... Niazov avait vu rouge quand il apprit que son interview ne passerait jamais et n'avait jamais été destinée, du reste, à l'être. Est-ce que ceux qui instrumentalisent un salaud pour des fins commerciales ne sont pas finalement pires que lui ? Changement de temps, les mass media font le pouvoir et ce sont les hommes politiques qui vont à la soupe. Et au fond qu'est-ce que ça change pour les masses désinformées, c'est toujours le même front crucial du : comment garantir une information objective, équitable, non-orientée, quand l'information a toujours été un marché et tend de plus en plus à verser, en dépit des émissions pseudos populaires et bien davantage populistes, dans la communication, une guerre de communication de quelques uns, de groupes d'intérêts puissants à l'usage d'une masse floue de serviteurs ou voulus comme tels. Au final, une compétition pour la désinformation - bien souvent - plus que ce qui devrait être une compétition POUR l'information. Comment instiller plus de contre-pouvoirs ? La voie associative ? La multiplication de petites boîtes de presse associées ? Continuer à croire à ce que l'on fait quel que soit son poste et les pressions auxquelles l'on s'expose ? Je veux croire à cet idéalisme qui peut innerver nos élites, la loi du "tous pourris" c'est à la fois tellement facile, stérile, et tellement déprimant.
Salve bene ;-)
Elise

David Garcia, le journaliste qui a révélé toute l'affaire, dédicacera son livre "Le pays où Bouygues est roi" sur le stand des éditions Danger Public (stand K81, celui des éditions du Seuil), le 18 mars 2006 à 18h30. Pour lui poser toutes les questions que vous n'avez jamais osé poser sur TF1...

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