Elsa était à la Sorbonne
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Elsa, 20 ans, étudiante en deuxième année de sociologie à Nanterre, raconte sa nuit à la Sorbonne. Vers les 22h30, elle est entrée dans l’université, symbole du mouvement étudiant de 68, en montant le long d’un échafaudage et en se faufilant par une fenêtre près des toits. Description de l’ambiance à l’intérieur de la faculté. D’abord, la joie et l’insouciance. Impression que le temps était suspendu. Surréalisme de l’instant. Espoir de se dire que tout est possible. Peu à peu la montée de l’inquiétude au milieu de la nuit avec, pour point culminant, la charge des CRS qui ont investi les lieux vers les 3h30 du matin.
(photo AP)
La majorité des étudiants s’était alors regroupée dans la cour centrale de la Sorbonne. Un groupuscule a essayé de faire barrage, sans résultat et les étudiants ont du quitter les lieux manu militari. Des heurts se sont poursuivis, peu de temps après, dans le quartier.
Selon Elsa, après cette nuit « qui fait rêver », le mouvement étudiant Anti CPE va continuer à s’amplifier. « Chacun retournera dans sa fac pour préparer la suite à donner au mouvement. »
Normalement, les prochaines manifestations auront lieu jeudi et samedi prochain.
(photo AP)
Au delà du mouvement, Elsa explique que le futur de la jeunesse (étudiante ou non) n’est pas rose avec le chômage ou le CPE en perspective. Un futur empreint de précarité. Il est nécessaire que le gouvernement prenne conscience du malaise de la jeunesse.
On peut faire le parallèle entre « les émeutes » de novembre dernier en banlieues et le mouvement étudiant actuel. Dans les deux cas, la colère des jeunes est présente face à l’inaction et l’incompréhension d’un pouvoir qui au lieu de prendre le mal à la racine, crée des lois qui sont des faux remèdes et de vrais placebos.
(photo Reuters)
Que fera M. de Villepin et son gouvernement si les étudiants arrivent à faire la jonction avec les jeunes des banlieues ? Pour les uns comme pour les autres l’avenir est identique : sombre. Aussi est-il nécessaire de les écouter et surtout de les respecter. Plutôt que d’envoyer la police en avant, nos politiques devraient entrer dans les facs et les banlieues pour écouter les doléances des jeunes, afin de comprendre où se situe leur mal être et y répondre avec des mesures adaptées.
Si le CPE est décrié par une majorité de jeunes, c’est qu’il n’est pas une bonne solution. Alors M. de Villepin reprenez votre copie et retournez à vos études ! On attend de vous un meilleur devoir. Celui d’un citoyen responsable et respectueux des valeurs de notre République :
Liberté. Egalité. Fraternité. Pour tous.




J'espère que la mobilisation conjointe des mouvements étudiants et syndicalistes suffira à motiver le retrait du CPE.
le CNE est passé plus facilement, ne coalisant pas contre lui la jeunesse. IL s'agit pourtant du même type de contrat,visant à précariser le salarié et permettant à l'employeur d'étendre ad vitam la période probatoire, pouvant licencier son employé absolument n'importe quand sans motiver sa décision. Fini les augmentations à l'ancienneté ! on licencie, on réembauche, on licencie, on rembauche une nouvelle recrue captive, fraîche et remerciante. Le CPE constitue le préambule du CNE qui concerne lui tous ceux qui en plus de 26 ans sans limite d'âge. Le CNE n'aurait jamais dû passer dans notre pays, alors on console en faisant un peu mieux front contre le "préambule".
Pourtant il y a aussi une jeunesse apolitique (ou alors mal inspirée dans son orientation :)) et désabusée pour qui effectivement le CPE, "c'est mieux que rien", tu parles, et les socialistes de se réveiller et de répliquer qu'au contraire, c'est pire que tout. Villepin joue sa future élection aux présidentielles, mais il cèdera si le front résiste. ça sent la guerre d'Espagne... Courage !
Rédigé par: | 13/03/2006 at 09:37
On ne comprend pas bien !! Le CPE ne s'appliquera pas aux étudiants diplomés d'enseignement supérieur, et pourtant, c'est eux qui se soulevent...Effectivement, le CPE peut nuire à ces étudiants, puisqu'il va permettre aux jeunes des banlieues de pouvoir acceder à la vie professionnelle, la souplesse du CPE donnant confiance aux entrepreneurs.
Oui, les chefs d'entreprise vont certainement se lancer à essayer d'embaucher des jeunes des banlieues non diplomés, qui se defonceront parceque enfin quelqu'un leur donnera leur chance, et tout cela pour un peu moins cher que s'ils embauchent des diplomés qui arrivent sur le marché de l'emploi en pensant que tout leur est dû.
Le CPE est bon pour les délaissés des banlieues, et les jeunes des banlieues devraient le comprendre, et au lieu de bruler les voitures, ils devraient se donner rendez-vous pour manifester devant les facultés remplies des jeunes bourgeois qui se disent socialiste à travers des syndicats qui ne défendent pas ceux qui en ont vraiment besoin !!
Oui, messieurs et mesdames les politiques de gauche, vous démontrez encore une fois que vous n'avez rien compris au vrai problème des jeunes des banlieues, et que vous empêchez la droite de prendre des mesures plus sociales que vous n'en avez jamais prises au nom de la sacro sainte sécurité de l'emploi qui ne sécurise que ceux qui ont un emploi...
Banlieues, soulevez vous, et venez nettoyer les facultés bourgeoises...
Rédigé par: calimero | 14/03/2006 at 00:25
Vous n'avez rien compris mon pauvre Calniméro. Il faut attendre une explication du CPE , tardive, par le Premier mMinistre pour le comprendre vraiment. Sachez que les étudants sont majoritairement non syndiqués. Quand aux partis de gauche, ils suivent. comme pour le mouvement des banlieues, le malaise étudiant est un mouvement de fond. Un ras le bol. Pourquoi faire des études quand l'avenir de trouver un emploi n'est pas assuré. Sur le CPE, il est passé grâce au 49.3. Une fois passé on se met à table et on discute avec les syndicats. Ce n'estpas une façon de gouverner.
Je ne parle même pas des provacation du ministre de l'intérieur qui pour résoudrele problème des banlieues, met de l'huile sur le feu en traitant les jeunes de "racailles". Dans cette racaille il ya des jeunes qui travaillent et qui font des études. L'amalgame est vite fait, le rejet aussi. Ce qui est nécessaire c'est que le gouvernement respecte un peu les citoyen quelque soit leur age, leur statut social et leur race. Nous sommes en République !
Rédigé par: jean claude djian | 14/03/2006 at 11:22
Vous n'avez rien compris mon pauvre Calniméro. Il faut attendre une explication du CPE , tardive, par le Premier Ministre pour le comprendre vraiment. Sachez que les étudants sont majoritairement non syndiqués. Quand aux partis de gauche, ils suivent. comme pour le mouvement des banlieues, le malaise étudiant est un mouvement de fond. Un ras le bol. Pourquoi faire des études quand l'avenir de trouver un emploi n'est pas assuré. Sur le CPE, il est passé grâce au 49.3. Une fois passé on se met à table et on discute avec les syndicats. Ce n'estpas une façon de gouverner.
Je ne parle même pas des provocations du ministre de l'intérieur qui pour résoudre le problème des banlieues, met de l'huile sur le feu en traitant les jeunes de "racailles". Dans cette racaille il y a des jeunes qui travaillent et qui font des études. L'amalgame est vite fait, le rejet aussi. Ce qui est nécessaire c'est que le gouvernement respecte un peu les citoyen quelque soit leur age, leur statut social et leur race. Nous sommes en République !
Rédigé par: jean claude djian | 14/03/2006 at 11:24
Je profite de ta réaction au message de Caliméro, franc défenseur de la liberté des chances via la précarisation du travail... pour signaler que le premier commentaire honteusement non signé était de votre bien attachée lectrice, Jean-Claude. Pour poursuivre la réflexion, j'ai entendu aujourd'hui que le CPE (et donc le CNE) relèveraient de "la flex-sécurité" encore un euphémisme déguisé en concept branché qui camoufle un projet de société bien peu alléchant, ni pour les "vieux", ni pour les moyens jeunes et encore moins pour les jeunes qui commencent qui voient leurs idéaux, leurs envies, leur enthousiasme, bradés et sacqués dès le départ. Encore merci pour cet article, Jean-Claude, et oui, les étudiants de la Sorbonne sont pertinents dans leur "insurrection". Il n'y a pas une jeunesse, et d'ailleurs personne dans l'absolu qui ne deuille se sentir mobilisé par ce projet infâme peut-être bientôt déclaré anticonstitutionnel. Toutes les jeunesses, les banlieues,les manuels, les humanistes, les grandes écoles. Qu'on soit ou non concerné un jour par CPE puis CNE, on ne peut pas avoir envie humainement de ces contrats qui font du salarié un salarié servile et jetable.
Rédigé par: Elise Mark-Walter | 14/03/2006 at 13:45
Je vais passer pour une extra-terrestre, mais je suis à la recherche d'un emploi depuis 6 mois et si aujourd'hui, un éventuel employeur me propose un CPE, j'accepte... Oui la situation est précaire pendant 2 ans et inacceptable !!! Mais dites moi quelle serait la différence entre un CPE incertain sur 2 ans et un enchainement de petits CDD de 6 mois entrecoupés de périodes de chômage de 6 mois ??? Marre de ne pas avoir de réponse positive ! Pourtant je pensais que qu'un bac + 5 permettait de passer au travers des galères ! Au moins avec un CPE, même virée au bout de 6 mois, j'aurai une première expérience à faire figurer sur mon CV !!! Laissons désormais la parole à ceux qui cherchent du boulot et non plus aux futurs étudiants qui idéalisent certainement les opportunités que peuvent leurs offrir leurs études ...
Rédigé par: Marouschka | 15/03/2006 at 15:24
bravo à toi jean-claude pour ce véritable reportage.un régal à lire et à écouter.
Quand au cne/cpe, je crois que tu te doutes un peu de ma position :)
mais je pense toutefois qu'en faisant de cet artifice l'alpha et l'omega de la relance de l'emploi en France, on se trompe tout simplement de bataille.
cpe retiré ou suspendu,même maintenu, rien ne sera réglé pour autant.
Tout le tintamarre de l'année 2005 sur "la bataille de l'emploi" a abouti à une stagnation de l'emploi en France.(+0.3% de l'emploi salarié marchand). dans le même temps je ne compte plus les annonces nous annonçant durant cette période une " explosion" des offres d'emploi ...
Je ferai même le parallèle avec l'insécurité : tout ça pour ça ...
Au delà des mobilisations, je me demande franchement quelle vision de l'entreprise ou de l'économie auront les lycéens et les étudiants.
Face à un discours patronal creux,défendant d'abors ses intérêts, idéalisant à qui mieux mieux le rôle du "createur d'entreprise" devant lequel il faudrait littérallement se prosterner,aussi éloigné de la réalité que peut l'être toute propagande quelle vision de l'économie avons nous ?
Quelle service rendre à la jeunesse - et pas seulement à la jeunesse au passage - en se figeant sur un des aspects - la nature du contrat de travail - qui ne me semble toujours pas la question centrale ?
le cdi ne protège de rien.
"la flex-securité ", cela me semble quand même la meilleure voie possible pour engager le pays.
cela veut dire penser et mettre en oeuvre la refondation sociale du pays.
Cela ne peut venir d'un gouvernement n'ayant jamais eu la moindre légitimité en la matière, arrivé en catastrophe pour faire oublier l'écroulement de la politique Raffarin.
je n'ai pas vu grand chose qui me donne des raisons d'espérer sur ce sujet ...
Rédigé par: Oliviegntchik | 18/03/2006 at 16:04
être contre le CPE c'est essentiel et même indispensable, mais il ne faut pas oublier de faire des propositions pour améliorer l'emploi des jeunes. Si vous souhaitez quelques propositions, vous pouvez télécharger le texte suivant
http://www.monde-solidaire.org/spip/IMG/pdf/analyse_chomage.pdf
cordialement Patric
Rédigé par: Patric Kruissel | 21/03/2006 at 21:01